Socialearning - le blog

socialearning-jetter-largent-par-les-fenetres

Il est possible de constater que la formation professionnelle a investi le champ de l’emploi depuis les années 70. Instrument d’intervention pour adapter

la population active aux impératifs d’un environnement économique, force est de constater que les dispositifs de formation professionnelle ont fait l’objet de nombreuses réformes depuis la loi fondatrice de 1971. Régulièrement la formation est convoquée pour résoudre les tensions autour des besoins des employeurs non satisfaits et pour favoriser le retour à l’emploi des personnes qui en sont privés. Qu’en est-il des rapports entre la formation professionnelle et les réalités de l’activité du travail ?

Il ne saurait s’agir ici de décrire l’ensemble des réalités observables autour de l’individu au travail. Notre propos se limitera à reprendre certaines contradictions inhérentes à une unique formation-adaptation préparant à l’emploi. Ainsi qu'en est il de la formation quand elle se tourne vers l'emploi et vise à assurer l'adéquation entre des postes à pourvoir ou susceptibles de l'être avec des individus potentiellement demandeurs ?

Dans ce contexte, il s’agirait donc de combler un écart entre ce qui doit être su et ce que sait ou ne sait pas un individu. Pour cela, la réalisation d’une identification des contenus du travail et des différents savoirs (souvent de type scolaire) est réalisée. Il reste ensuite à en assurer la transmission. Déjà en 2002, Guy Jobert précisait que ce processus, qui se veut prédictif et qui veut combiner, les dimensions socio-économiques - quels sont les emplois disponibles ? - didactiques - quels sont les savoirs et habiletés nécessaires pour occuper un poste? - et pédagogique - comment les transmettre et les évaluer ? - a montré ses limites. En effet, une large partie de ce processus reste implicite. Et il n’est peut être pas inutile de s’arrêter sur ce non-dit. Chaque classement, y compris celui des emplois et des savoirs qui s’y rattachent, est le reflet des valeurs d’une société et porteur de charge symbolique. C’est en fonction d’un classement, essentiellement octroyé par le diplôme et le cursus scolaire que va s’opérer, pour une part non négligeable, la sélection entre des métiers gratifiants, bien rémunérés, et les autres. « Même dans les sociétés les plus libérales au plan économique, une corrélation forte entre l'origine sociale d'un individu, sa carrière scolaire, ses diplômes, les emplois et la position sociale qu'il peut espérer, reste, tendanciellement, fortement vérifiée » atteste Guy Jobert. La préparation à l’exercice d’un métier ne se sépare pas de la dimension sociale de l’entrée dans la profession. Les ordres qui encadrent l’exercice de certaines activités, le Conseil de l’ordre des médecins par exemple, témoignent de cette dimension d’encadrement de certaine profession.

C’est ainsi qu’il est possible de voir dans les expressions « petit boulot », ou « bas niveau de qualification », un regard qui porte davantage sur le positionnement sociologique des métiers, que sur les habiletés requises pour exercer une profession. Refuser une approche uniquement rationalisée des emplois, à l’instar de quelques sociologues, c’est nous inciter à être vigilant sur les enjeux sociologiques qui se jouent aussi dans la formation professionnelle continue.

Le bel ensemble organisé du travail et de l’emploi qui se décrit et qui se classe, est ébranlé quotidiennement par les nécessaires ajustements des salariés pour s’adapter et adapter des outils productifs amenés à évoluer constamment, du fait des bouleversements socio-économiques qui font l’actualité de notre économie mondialisée. Ceci remet en cause les supposés savoirs et qualifications requis a priori pour tenir les postes de travail. Pouvoir faire face aux enjeux de la mobilité des personnels, à l’emploi ou demandeur d’emploi, implique de se détourner d’une unique volonté de rationalisation et de stabilisation des savoirs à transmettre dans un cadre de hiérarchie de métiers institués, stabilisés, immuables.

Les dispositifs de formation professionnelle,  tels qu’on les rencontre, et les utilise, dans nos dispositifs réglementaires, sont ils en capacité d’intégrer cette dimension évolutive, qui implique la prise en compte des apprentissages informels, nécessaires à l’activité professionnelle contemporaine ?

Retrouvez ici la suite de l'article

source image: colourbox

Recherche

Derniers Articles