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socialearning-singer-ou-s-adapterLe contexte économique mondial contraint désormais les entreprises françaises à axer leur priorité sur l’innovation, c’est pourquoi nombres d’attentions politiques et économiques sont portées dans ce sens. Or, ces attentions reposent essentiellement sur la mise en place « d’outils » qui vise à fonctionner autrement, sans toutefois changer la façon dont l’entreprise et les individus qui la composent fonctionnent réellement, ce qui a terme, vous l’aurez compris, ne pourra être voué qu’à l’échec.

L’échec résulte trop souvent de la perception que les dirigeants, managers, consultants, politiques, économistes, enseignants ont de la notion d’outil. L’importation d’outils dans le contexte de crise actuelle est souvent perçue comme la « solution miracle ». Faute d’une réelle réflexion indispensable pour s’adapter à chaque situation (culturelle, économique, financière, managériale), ces outils sont souvent calqués sur d’autres modèles, souvent inappropriés aux individus auxquels ils seront imposés. Importés sans coordination, sans communication permettant aux individus de s’en approprier le sens, ces méthodes ne pourront alors, sur le long terme, que rester stériles. Or, ces entreprises sont désormais confrontées à un marché incertain, qui évolue dans un contexte de concurrence de plus en plus féroce où le court terme n’a pas de place.

Ces démarches souvent improductives, voire incomprises, sont alors perçues comme une « nouvelle mode », dans laquelle les individus seront peu enclins à renouveler leur confiance faute d’avoir pu s’y reconnaître. C’est, par exemple, le fait de développer la créativité des salariés en instaurant des ateliers théâtre ou cirque, dans le cadre de séminaire de formation en entreprises, dont la vocation est de permettre aux individus de pouvoir « créer les conditions de la créativité » ou « apprendre à se servir des outils de la créativité ». Ces jolis conseils ou accroches marketing me font toujours sourire. Il est bien dommage que ces « coaches de la créativité » ne se soient pas encore posé la question suivante : pourquoi le verbe « créativer » n’existe-t-il pas ? À mon avis, seulement parce qu’il ne réside pas dans une action mais bien dans une capacité, une capacité qu’il ne suffit pas d’importer, d’exhorter ou de calquer , mais bien d’en favoriser le développement. Car ce qui est gênant dans la notion d’outil, c’est bien qu’elle fasse abstraction des capacités et comportements individuels, puisqu’elle est perçue comme transposable d’une situation à une autre. Or, qui compose l’entreprise si ce n’est le capital humain ? Qui détient la capacité créatrice tant convoitée par ces méthodes ? L’erreur de tous ces principes repose selon moi sur l’illusion de la solution escomptée, alors même que cette capacité ne peut être développée qu’en fonction des comportements individuels et collectifs qui eux, ne pourront évoluer que sur la base d’une communication efficace et adaptée qui saura donner du sens aux évolutions attendues.

Je pense réellement que c’est en réinventant le système de communication au sein des entreprises, en favorisant l’émergence de nouvelles approches culturelles, en phase avec les évolutions contextuelles, mais surtout avec les évolutions inhérentes aux besoins et aux fonctionnements des individus, que nous pourrons évoluer vers le développement et l’expression de la créativité.

La notion « d’outil » est selon moi un piège qui éloigne de toute réflexion et de tout bon sens, et ce d’autant plus lorsqu’elle est associée à la notion de « solution miracle transposable ». Or, créativité et bon sens font souvent bon ménage !

La notion d’outil dans ce cadre me renvoie souvent à la notion de « procédure » et à l’usage qu’il en est fait. Si cette notion induit la description de la manière de procéder afin de progresser, force est de constater que sa mise en œuvre dans les différents secteurs d’activités a généré certains comportements auprès de ses utilisateurs. (On se réfugie derrière le fait d’avoir respecté la procédure, ce qui finit par excuser l’absence de réflexion qu’il serait possible voire judicieux d’y associer.)

En effet, la procédure décrite sous forme de règles imposées, les activités, démarches et actions qu’il faut entreprendre dans un ordre donné pour obtenir un certain résultat. Mises en application sous la forme d’une démarche imposée et rarement concertées avec les personnes qui devront les appliquer, ces procédures s’apparentent pour beaucoup et ce, d’autant plus dans un modèle culturel latin, à un système de règles supplémentaires à appliquer car imposé par la hiérarchie. Dans ce cadre, peu de place à la réflexion des individus pour améliorer ou adapter les consignes, or c’est bien de la réflexion et non de la simple application liée à une action, que découle la créativité et par là-même l’innovation.

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